La réponse sexuelle humaine

Les trois théories de la réponse sexuelle humaine

W.   Masters   et   V.   Johnson

 

 William Masters et Virginia Johnson ont commencé à étudier la sexualité ainsi que la réponse sexuelle humaine en tant qu’équipe de recherche en 1954, et ce jusque dans les années 1990. À cette époque, la sexualité n’avait jamais encore été quantifiée ni observée d’un point de vueanatomique et physiologique. Ils furent les premiers à observer la sexualité à partir de comportements sexuels humains en laboratoire et à mesurer la réponse sexuelle humaine (Langis et Germain, 2009). Ils ont également permis à la sexualité d’être vue comme naturelle, saine, et comme source de plaisir et d’intimité, plutôt qu’un pêché.

Le modèle de la réponse sexuelle de Masters et Johnson fut le premier à définir les différentes phases menant à l’orgasme chez l’homme et la femme. Il est divisé en quatre phases, soit la phase d’excitation, le plateau, l’orgasme, la résolution, ainsi que la période réfractaire chez l’homme (Voir tableau A).

La phase de l’excitation débute avec les premières stimulations sexuelles pouvant être physiques ou mentales. Ces stimuli provoquent une augmentation du rythme respiratoire et cardiaque, puis de la tension artérielle. Chez l’homme, cette phase déclenche l’érection suite à la vasocongestion dans le pénis. La taille des testicules augmente et le scrotum se rapproche du corps. Chez la femme, une augmentation de l’apport sanguin au niveau du vagin fait en sorte qu’il devient plus foncé, et ce dernier subit une lubrification (Langis et Germain, 2009). Ainsi, cette vasocongestion fait en sorte que les petites lèvres deviennent plus épaisses, que les grandes lèvres s’allongent et que le clitoris devient dur et dilaté. Cette phase peut durer de quelques secondes à quelques minutes et mène ensuite à la phase du plateau.

Cette deuxième phase est une continuation de la phase de l’excitation. Chez l’homme, la grosseur des testicules continue de s’amplifier et les glandes bulbo-urétrales sécrètent le liquide pré-éjaculatoire. Chez la femme, la vasocongestion provoque la création de la plateforme orgasmique, c’est-à-dire, le gonflement et le resserrement des parois du premier tiers du vagin (Langis et Germain, 2009). Vers la fin de cette phase, il y a des contractions involontaires au niveau de la région du pelvis. Puis, la fin de la phase du plateau mène ensuite à celle de l’orgasme. En effet, la phase de l’orgasme se précise par un enchaînement de contractions rythmiques, ce qui provoque le relâchement des tensions neuromusculaires. Chez l’homme, c’est à ce moment qu’a lieu l’éjaculation. Après l’orgasme, l’homme et la femme entrent en phase de résolution. Une vasodilatation se produit, le rythme cardiaque, le rythme respiratoire et la pression sanguine reviennent à la normale. Chez l’homme, le pénis redevient flaccide. Chez la femme, la vulve et le vagin reprennent leurs dimensions normales. L’homme a également une période réfractaire, pendant laquelle il lui est peu possible d’avoir une autre érection. Cette période peut durer de quelques minutes à quelques heures (Langis et Germain, 2009).

  

Le modèle EPOR
de Masters et Johnson

 

1- Excitation

2- Plateau

3- Orgasme

4- Résolution

+

(Période réfractaire
chez l’homme uniquement)

 

Tableau A

Helen   Singer   Kaplan

C’est à partir des recherches de Masters et Johnson sur la réponse sexuelle humaine qu’Helen Singer   Kaplan a mis au point son propre modèle théorique répondant aux besoins d’efficacité de ses thérapies     sexuelles. Son expérience de sexothérapeute l’a amené à remettre en question le modèle EPOR (excitation, plateau, orgasme, résolution) de Masters et Johnson qui évaluait uniquement la mesure de la réponse sexuelle sous un angle de capacités réflexives (Langis et Germain, 2009). Par conséquent, celui de Kaplan propose de mettre en relief l’importance des processus cognitifs : «perception, mémoire,       jugement et la subjectivité sexuelle» (Kaplan, 1987). Celle-ci jugeait que le modèle EPOR était : trop rigidement basé sur des observations en laboratoire, apportait une division en quatre phases fortement marquées et n’exposait qu'un cadre théorique médical. Elle proposa donc un modèle en trois phases dont les éléments successifs sont le désir, l’excitation et l’orgasme (Voir tableau B). Il est important de mentionner que les deux dernières phases de son modèle incluent les mêmes réactions physiologiques que celles de Masters et Johnson (Langis et Germain, 2009). Cependant, Kaplan combine les phases de l’excitation et du plateau et ne retient pas la phase de résolution puisque pour elle les troubles sexuels surviennent rarement durant cette phase et ne présente donc peu d’intérêt dans la compréhension de la réponse sexuelle humaine. Cette nouvelle phase du désir préoccupe beaucoup la psychiatre américaine.

En effet, les problèmes reliés au désir sexuel sont de plus en plus fréquents constituant ainsi souvent une cause d’anxiété pour l’individu et une source de conflit pour le couple (Kaplan, 1995). Bref, ces troubles du désir affecteraient la qualité de la réponse sexuelle en interagissant avec au moins l’une des deux autres phases. La particularité de son modèle triphasique est qu’il intègrerait la nature psychologique et la dimension biologique par une approche comportementale et interactionnelle ainsi qu’en mettant de l’avant l’aspect primordial des facteurs affectifs et cognitifs de la réponse sexuelle humaine. Pour Kaplan, le désir est l’élément crucial de la réponse sexuelle qui se caractérise par une attirance, un appétit ou un besoin sexuel d’intensité variable (Kaplan, 1995). Selon la psychiatre, le désir précéderait l’excitation et conditionnerait les autres phases et qu’une perturbation du désir en altérerait le déroulement. D’autre part, il ne faut pas confondre le désir sexuel avec l’excitation, même s’il existe un lien étroit entre ces deux éléments. Par exemple, une personne peut éprouver un manque de désir et ne connaître aucune perturbation de ses fonctions d’ordre physiologique. De plus, il arrive parfois que ces déclencheurs du désir puissent engendrer de l’anxiété ou encore de la crainte chez une autre. En effet, il arrive que pour certaines personnes, l’idée d’une relation extraconjugale représente une source de motivation sexuelle et d’excitation, mais se manifestent chez d’autres par de l’inquiétude ou de l’inhibition (Langis et Germain, 2009). Ces différentes significations des pensées dépendent des apprentissages individuels et de la valeur que l’on y rattache.

Pour revenir à la notion de troubles sexuels, Helen Singer Kaplan considère que ceux-ci peuvent provenir d’un manque de connaissances, d’une anxiété mineure, d’un trouble relationnel ou bien d’un trouble profond de la personnalité (Langis et Germain, 2009). De plus, la source de ces problèmes sexuels pourrait avoir de bien nombreuses causes telles que : la perte d’intérêt pour le partenaire, une faible estime de soi, la triade : stresse, anxiété, dépression, la prise de médicaments ou des problèmes d’ordre hormonal (Langis et Germain, 2009).

Le modèle triphasique

d’Helen Singer Kaplan

 

1- Désir

2- Excitation

3- Orgasme

Tableau B

Rosemary   Basson

La réponse sexuelle a longuement été étudiée, parmi ces interprétations, le modèle de Basson se classe comme l’un des plus complets. Rosemary Basson, une thérapeute originaire de Colombie-Britannique au Canada, conçoit son modèle cognitif de la réponse sexuelle vers la fin des années 1990 en y incorporant, entres autres, la composante de la satisfaction sexuelle (SIECCAN, 2012). Entourée de modèles conçus tant pour les hommes que pour les femmes, Basson débute ses recherches. La chercheuse distingue d’abord la sexualité de l’homme et de la femme, et la publication de ses recherches marque le début d’un nouveau paradigme; elle étudie la sexualité féminine afin de concevoir un modèle particulier pour celle-ci. L’émancipation de la femme dans la société dans laquelle Basson évolue influence grandement les recherches de cette thérapeute. Les femmes revendiquent une liberté sexuelle et une égalité tant sur le plan social que sexuel (Journet, 2007). C’est dans ces conditions que Rosemary Basson entreprend l’idée de concevoir un modèle de la réponse sexuelle féminine. Ces connaissances de thérapeute la poussent à intégrer des composantes psychologiques à son modèle tel que l’intimité, les sentiments et la satisfaction.

Selon Basson, le sentiment d’intimité est important dans le désir sexuel. Contrairement à l’homme, où l’on fait souvent référence à une libération physique, pour la femme il s’agit plutôt d’un sentiment de complétion affectif. La rétroaction et l’interprétation positives des stimuli sexuels participent au renforcement positif du sentiment d’intimité chez la femme (Langis et Germain, 2009). Après l’élaboration de sa théorie, Basson synthétise le tout dans un modèle systémique. Son modèle comporte six concepts et débute avec «une neutralité sexuelle; par la suite, un climat d’intimité émotionnelle amène la femme à une recherche de stimuli sexuels […]; ces stimuli provoquent une excitation sexuelle à la fois génitale et subjective, ce qui entraine normalement un renforcement positif de l’excitation et du désir réactif» (Langis et Germain, 2009).  Si les meilleures conditions sont réunies, le cycle se poursuit avec une satisfaction sexuelle et émotionnelle menant ou pas à un orgasme qui contribue au renforcement de l’intimité émotionnelle et celle-ci favorise la réceptivité aux stimuli sexuels futurs (Langis et Germain, 2009) (Voir annexe C).

 

Modèle cognitif de Basson

Tableau   C

Bibliographie

Journet, N., (2007). «La mise en scène de l’intimité», Sciences humaines 7, n° 184, p. 2-116.
 

Kaplan, Helen S., (1987). «The illustrated manual of sex therapy», New York, Brunner/Mazel, p. 181.
 

Kaplan, Helen S., (1995). «The sexual desire disorders dysfunctional regulation of sexual motivation Helen  Singer Kaplan», New York, Brunner/Mazel, 332 p.
 

Langis, P. et Germain, B., (2009). «La sexualité humaine», Québec, Édition du renouveau pédagogique, p. 596.
 

SIECCAN, The Sex Information and Education Council of Canada, (2012). «The Complexity of Female Sexual   Desire», Canada, SIECCAN.

Titre 5

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