Par Jessica Grenon et Justine Hémond, intervenantes au JAG

 

Lorsqu’une personne en importune et en tourmente une autre verbalement ou physiquement, en ayant des propos et des gestes à teneur sexuelle non désirés, c’est ce qu’on appelle du harcèlement sexuel.[1]  Vous avez probablement pris connaissance dernièrement des témoignages publics qui sont sortis à ce sujet. Il s’en est suivi une nouvelle vague du mouvement #MeToo ; les gens utilisent les réseaux sociaux afin de dénoncer les situations dont ils ont été victimes.

Vivre ou avoir vécu du harcèlement sexuel peut être extrêmement difficile à dévoiler. Cependant, en parler peut apporter un effet libérateur. Trop de fois la violence sexuelle est effacée, déniée ou banalisée, alors que ses répercussions peuvent être majeures chez la victime (honte, culpabilité, choc post-traumatique, etc.).

Dénonciation : avantages et inconvénients

Plusieurs avenues sont envisageables pour la dénonciation. Certaines personnes vont prioriser les réseaux sociaux pour se libérer. Ceci permet de ne pas avoir à passer par le système judiciaire pour reprendre le pouvoir sur la situation et sur soi-même et agit aussi à titre d’avertissement du comportement problématique de l’agresseur.e. Ce type de dénonciation peut également aider d’autres victimes à parler de leur histoire. Pour d’autres, le système judiciaire reste la meilleure avenue afin de diminuer les risques de récidives de l’agresseur.e, afin qu’il y ait une sanction pour les actes commis et pour avoir un sentiment de sécurité pour soi et pour les autres.

Il est toutefois nécessaire de prendre en considération que chaque avenue comporte aussi leurs désavantages. Par exemple, pour les réseaux sociaux, la victime pourrait avoir à faire face aux jugements négatifs et aux préjugés, et tout ce qui sera nommé sur internet pourra être repris et déformé afin de miner la crédibilité de la victime si une action en justice est entreprise, car il y a un risque que des accusations d’atteinte à la réputation et de diffamation soient faites envers la victime. Pour ce qui est du système de justice, la victime pourrait avoir à répéter à maintes reprises son témoignage et devoir répondre à des questions sur la situation et sur elle-même, ce qui peut raviver le traumatisme. À noter que ce processus n’est pas sans faille et celui-ci peut être laborieux tant au niveau émotionnel que psychologique.

Peu importe la voie et le moment qui sera choisie par la victime, cela lui appartient.

… Mais, je me suis excusé.e !

En tant qu’agresseur.e, il est possible de reconnaître ses torts et de vouloir les réparer. De façon générale, des excuses seront la première tentative. Pour qu’elles soient valides, elles doivent clairement reconnaître les allégations de la victime sans chercher à apposer la faute à l’alcool, à la drogue ou à « une mauvaise passe », par exemple. Se déresponsabiliser peut amener la victime à douter, quand pourtant, la douleur psychologique, émotionnelle et parfois même physique est toujours présente. Les excuses doivent être sincères tout en considérant que la victime peut aussi ne pas les accepter. Cependant, elles n’effaceront jamais ce qui a été fait.

Inclusion

Plusieurs personnes, organismes et entreprises démontrent en ce moment leur soutien aux femmes qui sont victimes de harcèlement sexuel. Nous tenons à remercier tous ces gens qui montrent leur appui sincère à la situation. Nous voulons toutefois rappeler à la communauté que bien que les femmes soient surreprésentées en tant que victimes, les hommes, les personnes trans ou non binaires et tous celleux s’identifiant dans la diversité de genre peuvent aussi en être victimes.

De plus, en tant qu’organisme LGBT+, nous souhaitons mettre en lumière le manque de considération, ainsi que les stéréotypes qui perdurent, en ce qui a trait au harcèlement entre deux personnes de même sexe. Ainsi, le témoignage d’une femme ayant été harcelée sexuellement par une autre pourrait avoir tendance à être moins crédible puisque le stéréotype comme quoi les femmes ne peuvent être violentes persiste encore de nos jours. À l’inverse, les hommes qui se font agresser sexuellement par un autre homme se font souvent dire qu’ils n’avaient qu’à se défendre.[2]

Conclusion

Visiblement, il reste encore beaucoup de chemin à faire en matière de compréhension de ce qu’est la violence sexuelle. Toustes peuvent être des allié.e.s dans ce genre de situation, tout en gardant à l’esprit que de faire une introspection de nos paroles et actions ne peut être que bénéfique collectivement. Donc, nous vous invitons à continuer de soutenir les victimes de violence sexuelle, et ce, peu importe comment elles s’identifient, puisque malgré tout, toutes méritent d’être écoutées, crues et accompagnées. Pour tous celleux qui ressentent le besoin de parler, le JAG est là pour vous ! Vous trouverez ci-joint des ressources qui sauront vous servir.

Ressources

CALACS

Juripop

Éducaloi

Institut national de santé publique du Québec (INSPQ)

SOS violence conjugale

[1] Définition tirée de Tout nu ! Le dictionnaire bienveillant de la sexualité de Myriam Daguzan Bernier

[2] Me Sophie Gagnon, Directrice de la clinique Juripop

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